Couches Lavables : Le témoignage d’Anaïs

Est-ce que les couches lavables sont une alternative intéressante? oui!

Quand je repense à la quantité de couches que j’ai jetées quand mon fils était bébé, cela me fait penser aux serviettes hygiéniques et tampons que j’ai jetés avant de découvrir la cup. C’est un autre sujet …

N’étant plus utilisatrice de couches pour bébé, je vous propose de venir à la rencontre de la personne que je connais qui s’y connait le mieux en couches lavables : Anaïs ! Elle est tellement experte qu’elle pourrait en vendre et convaincre n’importe qui avec son accent chantant du midi! Présentations….

Anaïs, raconte-nous un peu qui tu es. L’utilisation d’une solution zéro-déchet/lavable était une première ?

Les couches lavables sont-elles une bonne alternative?

J’ai commencé avec le jardinage et le compost, car ça se fait depuis longtemps dans ma famille. Quand je suis arrivée ici (en Alsace) il y a deux ans, je me suis lancé dans le zéro déchet.

Je prenais déjà des paniers de légumes et j’ai voulu me mettre au bio. Entre chez moi et le boulot, il y avait un magasin bio qui proposait aussi du vrac : parfait !

Le zéro déchet est venu petit à petit sans se mettre la pression. Sans faire tout d’un coup. Mais comme on a dit, quand on commence, on ne peut pas revenir en arrière.

De toute façon, je consommais déjà peu : le shopping, c’est pas vraiment mon truc.

Quand je suis tombé enceinte, nous avons étudié la liste des choses avec lesquelles il « faut » s’équiper et ça fait peur ! Nous avons donc décidé de rester raisonnable. Par exemple, on nous a donné ou nous avons acheté d’occasion tous les vêtements de ma fille (sauf cadeaux). En plus, ma mère m’a transmis la machine à coudre de ma grand-mère et je me suis aussi mise à faire de la couture. C’est mon nouveau hobby pour essayer de ne pas tout acheter.

Biensur, la question des couches s’est vite posée et comme je m’intéressais au zéro déchet, j’ai vu qu’il existait des couches lavables modernes.

Comment cela a-t-il commencé ?

J’ai beaucoup regardé d’articles et de vidéos sur internet de gens qui en utilisaient et je me suis dit « j’ai quand même envie d’essayer ».

Au début, mon entourage a été très sceptique. Mon compagnon se demandais (à juste titre) si les couches lavables n’allaient pas rajouter de la difficulté à la découverte de notre nouvelle vie avec un premier bébé. Nos mères, elles, avaient essayé quand on était petits mais avaient vite abandonné.

Comme le sujet est assez vaste et un peu compliqué à comprendre avec plein de systèmes différents, je me suis dit que pour que ça marche sans trop me prendre la tête, il fallait que je prenne le top de la couche lavable.


Pour que ça marche, il fallait que je prenne le top de la couche lavable!

C’est sûr, mes couches sont plus chères que d’autres mais elles sont bien pensées, pratiques et le but est qu’on les utilisent longtemps. Je n’avais pas envie d’essayer, que ce soit une expérience désastreuse et qu’on arrête.

Il y avait un peu le challenge « tout le monde me dit que c’est la catastrophe et moi je vais leur montrer que non, pas forcément ! ». J’aime bien les challenges !

Et je n’ai pas l’impression de revenir à l’ancien temps de nos grand-mères. Nous sommes un couple équilibré, je n’ai pas la « charge mentale » dont on parle beaucoup en ce moment. Ce n’est donc pas pesant dans notre organisation.

En plus, nous avons eu la chance d’être tous les deux à la maison quand bébé est né. Je n’avais pas un million de trucs à gérer toute seule à la maison pendant le congé mat’. C’est même moi qui ai repris le travail à temps plein en premier à la fin de mon congé mat. Nous avons donc eu le temps de mettre en place notre routine couche lavable tranquillement.

Quelles ont été les premières étapes ?

J’avais hâte de commencer, j’ai donc acheté 2 couches neuves en soldes avant la naissance (taille S). Comme c’est quand même un investissement, c’est dur de s’équiper sans être sûr de vraiment les utiliser.

Bébé étant un petit gabarit, nous avons commencé en couches jetables. Je n’ai pas acheté de couches XS car ça revient cher pour seulement quelques semaines. Notre maternité utilise des couches lavables mais ne nous les a pas directement proposées. Ils passent par une compagnie (sur Strasbourg) qui propose de livrer, récupérer et laver les couches une fois par semaine (une autre marque que celle utilisée par Anaïs).

Nous avons commencé à la maison dès que les couches lui sont allées à ses un mois. J’ai très vite été frustré car nous n’en avions pas assez pour tenir la journée. Du coup, j’ai rapidement complété mon stock en taille S. Ca valait clairement le coup, nous les utilisons encore !

Est-ce qu’il vous arrive d’utiliser des couches jetables ?

Oui bien sûr, nous avons toujours un paquet de jetables bio au cas où, il ne faut pas se mettre trop de pression !

Il y a eu quelques fois où j’ai été en galère pour les lessives, ça dépanne. Quand nous partons en vacances en dehors de la famille, si nous n’avons pas de machine à laver facilement disponible, nous sommes aussi en jetables.

Une fois, elle a eu une gastro et là, elle était en jetable, parce que ça devient pas tenable de la changer si souvent et c’est cracra.

Elle n’a presque jamais eu les fesses irritées en lavable, par contre une fois elle a eu de plaques rouges en jetables bio !

Récemment, nous avions quelques fuites la nuit en lavable mais au final, même en jetable nous en avons eu.

Y a-t-il eu des personnes à convaincre?

Dès l’inscription, on m’a indiqué qu’ils ne pourraient pas utiliser mes couches lavables. Découvrant le monde de la crèche, je n’allais pas imposer mes couches dès le premier RDV. Par contre, n’utilisant pas de jetables, je l’amenais en lavable le matin et la récupérait en jetable le soir avec la couche sale dans un petit sac en coton enduit que j’avais cousu. Du coup, l’équipe a eu l’occasion de voir mes couches lavables et de se rendre compte qu’elles n’étaient pas si différentes que des jetables et que ça fonctionnait bien… Les filles étaient assez intriguées et me posaient des questions. J’avais semé une graine … Bref, pas si difficile que ça !

Est-ce que les couches lavables sont une alternative intéressante? oui!

C’est pas si difficile que ça.

Au moment du changement de taille, et suite à la médiatisation de la présence de produits nocifs dans les couches jetables, j’ai à nouveau tenté ma chance : « Comme certains parents amènent leurs propres couches jetables bio et que les miennes sont tout aussi faciles d’utilisation, serait-il possible d’essayer mes lavables ? » La seule différence étant que les miennes ne partent pas à la poubelle et qu’il faut les stocker séparément. La crèche étant dans un processus de labellisation écolo crèche, ils comprennent bien mes arguments mais l’organisation n’est pas forcément facile à mettre en place en collectivité. Je leur ai laissé une couche propre pour qu’ils l’aient vraiment en mains et en revenant le soir même, l’équipe en avait déjà discuté et accepté ma demande : trop contente !

Du coup, il a fallu s’équiper en plus, je leurs en donne 4 déjà prêtes par jour avec un bac à compost (hermétique) recyclé en boite à couche sales.

A quoi ressemblent ces couches ? Comment ça marche ?

J’utilise des couches lavables de la marque HAMAC, fabriquées en France. En gros, les couches sont composées de quatre parties qu’il faut assembler. Je fais ça le soir à coté de mon compagnon qui change bébé ou en regardant les infos. Ce n’est pas très difficile.

Comment est constituée une couche lavable?
  • La couche. Elle sert à maintenir le tout avec des scratchs mais n’est pas étanche. (c’est doux et il y a de jolis tissus !!)
  • La nacelle. C’est elle qui fait le job. Elle est étanche et grâce à ses élastiques, elle retient :
  • L’insert. Il en existe de plusieurs sortes. Ceux en microfibres gardent les fesses au sec et sèchent super rapidement (nous n’avons pas de sèche-linge). Ceux en coton absorbent plus et la matière est naturelle mais mettent deux jours à sécher. On peut aussi utiliser d’autres marques. Certains sont en chanvre, coton ou bambou, sont super absorbant et très fins. Des langes tout bêtes en coton sont efficace et économiques. Il y en a qui les cousent aussi.
  • Le voile « bébé super héros écolo » en cellulose. Il n’est pas obligatoire mais permet de retenir les selles. S’il y a juste un pipi, je les lave quelques fois et s’il y a des selles, je les mets aux toilettes et le voile à la poubelle. Par rapport à une couche jetable, c’est la seule chose qu’on jette.

Il y a 2 systèmes de couches (dans cette marque). Les classiques ont la nacelle directement cousue à la couche. Les T-MAC ont la nacelle séparée. Comme la couche n’est presque jamais souillée, le système T-MAC permet de ne pas les laver à chaque fois en remplaçant seulement la nacelle et l’insert, c’est plus économique.

Un avantage de ces couches c’est que la partie humide en contact avec les fesses de bébé est restreinte et limite les irritations.

Comment tu t’organises, comment ça se lave ?

Quand on a commencé en S on avait 4 couches T-MAC, 8 nacelles et 12 inserts dont 8 en microfibres pour le jour et 4 en cotons pour la nuit. C’était optimisé. Les couches étaient rarement salies et s’il n’y avait qu’un pipi, je rinçais les nacelles vite fait à l’eau pour les réutiliser une fois sèches avec un insert propre.

Maintenant que nous travaillons à nouveau tous les deux, je n’ai plus le temps de rincer les nacelles des T-mac entre deux utilisations et j’utilise des classiques pour la crèche.

Je fais une lessive tous les deux jours. Les couches sales sont stockées dans un seau ouvert dans notre salle de bain, ça ne sent pas mauvais.

Déroulement du lavage:

  • Avant de lancer la lessive, je frotte vite fait les couches sales. Comme bébé est allaité, les selles étaient très liquides avant la diversification et maintenant je ne frotte pratiquement plus.
  • Je lance un premier cycle rapide (20 minutes à 30 degrés) avec les inserts libres et les nacelles et couches dans un filet pour ne pas les abimer. Cela permet de bien les rincer.
  • Ensuite, je rajoute le reste de notre linge et lance un cycle normal long à 40 degrés.

De temps en temps, je « décrasse » mes inserts avec un cycle à 60 degrés en utilisant des cristaux de soude et du vinaigre blanc, ça fait du bien aussi pour la machine.

Cela a coûté combien de vous équiper en couches lavables ?

Est-ce que les couches lavables coutent cher? l'investissement vaut le coup?

Le prix dépend de l’organisation que l’on adapte, le nombre de couche nécessaire varie en fonction de la fréquence des machines et de la façon de les utiliser : classique ou T-MAC, en réutilisant ou non les couches et les nacelles.

Une couche classique coute 29€, une couche T-MAC 24€, une nacelle 15€, un insert microfibre ou coton 7€ et une boite de 110 voiles jetable 9€.

Mon exemple en taille S m’a donc coûté 300€. Nous sommes depuis récemment principalement en M, et avons donc utilisé la taille S pendant 6 mois ce qui revient à 50€ par mois. En gros, c’est équivalent à ce que nous aurions dépensé en jetables bio.

Ayant acheté directement sur le site HAMAC, j’ai cumulé les bulles de fidélité avec l’achat de mon lot taille S et en laissant des avis. J’ai donc pu obtenir une remise de 20% sur l’achat de mon lot en M et ai collecté à nouveau des bulles pour un futur achat en L. Certains coloris sont soldés et les frais de ports sont gratuits à partir de 75€.

Mais il y a un marché de l’occasion aussi ?

Oui, c’est de la folie ! Je fais partie d’un groupe Facebook de revente et conseil qui a déjà plus de 4000 membres. La demande est tellement grande que les couches sont mises en vente et vendues dans les minutes qui suivent. Les couches en bon état se revendent à 80% du prix d’achat.

Comme nous avons dû nous équiper un peu plus en M pour la crèche j’ai trouvé des classiques d’occasion à un bon prix. Et même sur de l’occasion, HAMAC propose un super service après-vente pour remplacer les nacelles défectueuses. Ils font vraiment la promotion de couches durables (économie circulaire).

Et donc quand tu n’en auras plus besoin, tu peux te dire que tu pourras les revendre. Ce sera rentable par rapport à l’investissement ?

Exactement ! C’est pour ça que nous avons choisi de les acheter principalement neuves. On pourra les utiliser pour plusieurs enfants puis on pourra surement les revendre. Au final, ça reviendra bien moins cher que des jetables.

C’est sûr, ça représente un certain investissement initial mais je me rassure en disant que j’ai économisé de l’argent en n’achetant pas de vêtements bébé neufs, je peux donc me faire plaisir avec ces jolies couches écologiques.

Quelles ont été les difficultés avec les couches lavables?

Quand nous avons arrêté de la changer la nuit, nous avons parfois eu des fuites. En plus elle se tourne systématiquement sur le ventre alors ça n’aide pas. Je pense que c’est parce qu’elle était entre deux tailles et qu’elle tête encore la nuit car maintenant ça va mieux. Le groupe Facebook m’a apporté plein de bons conseils et j’ai acheté d’autres inserts en chanvre très absorbants.

Un autre point qui peut devenir négatif est qu’il faut clairement être organisé pour les lessives pour ne pas être à court de couches propres, à moins d’en acheter beaucoup pour être large (mais cher).

Après, comme nous avons utilisé des couches lavables dès le premier enfant, je ne peux pas comparer mon expérience à l’utilisation de jetable, je ne me dis donc pas en permanence que ça serait plus facile en jetable. Et de toute façon, dès que j’utilise une seule jetable, je culpabilise un peu du déchet que je produis !

Franchement, je suis vraiment super-positive sur cette expérience couche lavable, j’ai du mal à trouver des points négatifs.

Est-ce que les couches lavables sont une alternative intéressante? oui!
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Si tu devais aider quelqu’un dans cette démarche, quels conseils lui donnerais-tu ?

Pour essayer, on peut s’en faire prêter ou commander un kit d’essai. Il existe même plusieurs services de location (liste disponible sur le site HAMAC), c’est super pratique et ça fait moins mal pour le budget !

Il existe un super groupe Facebook spécialisé pour les couches de cette marque ou l’on peut poser toutes les questions qui nous passent par la tête, c’est un bon soutient dans notre démarche.

Enfin, je pense qu’il ne faut pas trop se mettre la pression pour durer dans le temps, passer en jetable de temps en temps, ce n’est pas très grave.

Quelque chose à ajouter ?

Un dernier détail : ces couches sont super jolies ! Ça donne envie de laisser bébé en couche pour les admirer. La marque sort régulièrement de nouvelles couleurs, motifs et des éditions limitées (même si ça pousse un peu à la consommation).

Pour conclure ?

Je suis assez fière d’avoir réussi ce nouveau challenge ! Mon entourage pensait initialement que j’allais vite abandonner et en fait on y est toujours. Et on est content de voir ce qu’on évite comme déchets !

Un grand merci à Anaïs pour ce témoignage sincère et convainquant!

Prêts à tester? Avez-vous déjà tenté l’aventure? Avec une autre marque? Racontez-nous votre expérience en commentaire.


Isabelle
 

Fondatrice et rédactrice du blog Un Pas Pour La Planète, le blog qui vous aide à réduire vos déchets et à contribuer à la protection de l'environnement. Concernée par la nature et la pollution depuis mon jeune âge, je souhaite vous aider à changer votre façon de vivre, améliorer votre quotidien tout en prenant soin de la planète que nous laisserons à nos enfants.

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