Créer un jardin potager et un composteur collectifs: elle l’a fait !

Créer un jardin potager et un compost collectifs en ville, c'est possible.

J’habite en ville, je ne peux pas composter ! En appartement, adieu le jardin potager !

Erreur ! Laure vous avait déjà présenté des solutions pour faire quelques cultures sur un tout petit espace. Composter en ville est aussi une solution dont j’avais parlé, il y a quelques mois sur le blog bio.

Aujourd’hui, c’est Emilie que j’ai invitée à Un Pas Pour La Planète, pour qu’elle nous raconte comment elle a participé à une grande aventure humaine : la création d’un composteur collectif puis d’un jardin potager partagé, en ville, alors qu’elle vivant en appartement en copropriété.

Comment ce projet de compost et portager a-t-il commencé ?

Créer un jardin potager et un compost collectifs en ville, c'est possible.

Nous avons rejoint l’association des Compostiers du Landsberg en septembre 2016 en tant que coordinateurs de l’association.

Fonctionnement de l’association

Il faut savoir qu’une association est composée d’un président, secrétaire et trésorier ainsi que des suppléants pour chacun. En plus de ces membres-là, on a des coordinateurs qui gèrent par exemple les emails de l’association, organisent l’apéro-compost pour le transvasement du compost ou encore vont chercher de la matière structurante qui est indispensable à un bon compost. Nous faisons partie des membres qui ont participé à la création du jardin partagé et à sa mise en place au sein de l’association.

Objectifs de l’association des compostiers du Landsberg :

Pour revenir à la création de l’association, elle a été créée en 2015 à Strasbourg par les habitants du 17 rue du Landsberg et les immeubles environnants pour gérer un projet de compostage partagé et chapoter d’autres initiatives locales qui rentrent dans le cadre suivant :

  • Mettre en œuvre la valorisation des déchets à travers la création et la gestion d’un site de compostage partagé ;
  • Sensibiliser ses membres et le public au respect de l’environnement, à la présence de la nature en ville, au jardinage au naturel, à la biodiversité et à la citoyenneté et
  • Mettre en œuvre toute action favorisant la rencontre entre les habitants du quartier du Landsberg et le développement du lien social entre des personnes de tout âge, toute condition, origine ou classe sociale.

Depuis 2018, Les Compostiers du Landsberg démarrent un jardin partagé, le Lands’herb, sur le même site. En plus des 3 bacs de compostage, vous pouvez trouver 3 grands bacs potagers gérés entièrement par les membres de l’association.

Quel était le cadre pour la création de ce composteur ?

Un terrain à l’abandon près des archives départementales de Strasbourg appartenant à la ville nous a été fourni.

Y a-t-il eu des démarches administratives spécifiques ?

Simplement la création de l’association.

Avez-vous eu des aides financières ? Cela a coûté combien ?

Que ça soit pour l’achat des Bacs à compost ou que ça soit pour la création et la réalisation du jardin, l’Eurométropole de Strasbourg nous a soutenus et subventionnés. Nous avons été accompagnés pendant deux ans par le Collectif Compost (C’est un collectif composé de professionnels du compostage).

Le jardin a été complètement subventionné par l‘Eurométropole, 100 000 euros pour le jardin. Des aides annuelles sont données pour les bacs à compost ou des outils de l’ordre de 10 euros pour toute nouvelle personne inscrite.

Dans la mesure où c’est une démarche collective, comment vous-êtes vous organisés ?

Conception et fonctionnement du jardin potager 

Pour les plans du jardin, certains membres de l’association ont rencontré la commune à plusieurs reprises afin de réaliser ces plans et de discuter des choix des arbres fruitiers, de la localisation du coffre à outils, du point d’eau etc. Puis il y a eu le suivi de la construction du jardin potager. Lors de la réunion annuelle de l’association, nous avons animé un atelier pour savoir ce que chaque membre souhaitait avoir et comment il voyait les choses.

Créer un jardin potager et un compost collectifs en ville, c'est possible.

Collaborations avec d’autres jardins

Suite à cette réunion, les membres actifs de l’association ce sont dans un premier temps mis d’accord entre eux pour l’organisation et ont visité différents jardins partagés à Strasbourg pour observer et s’inspirer de leur fonctionnement. Nous avons eu ensuite l’aide d’Eric Charton (du Club relais Jardin) pour effectuer le choix du type de cultures que l’on souhaitait planter, les meilleures associations possibles sur peu de surface.

Equipement du jardin potager

Les outils ont été en partie fournis par des membres qui ne s’en servaient pas, d’autres ont été achetés, les graines et plants ont été en partie fournis par les membres, d’autres ont été achetés ou troqués avec d’autres associations et jardins partagés de Strasbourg.

Quelles ont été les difficultés ?

Cela reste difficile d’impliquer les habitants du quartier dans l’organisation du compost, qui se limite pourtant à chercher de la matière structurante et transvaser les bacs une fois tous les 2-3 mois.

Dans l’association, les membres actifs ont beaucoup changé, beaucoup d’étudiants ou de jeunes actifs qui ont dû ensuite déménager.

En fait, c’est super important de toujours trouver de nouvelles personnes motivées, comme un nouveau souffle pour la structure. Rob Hopkins l’explique bien dans son livre sur la transition. Là, au bout de 3-4 ans on galère un peu à trouver des personnes qui s’engagent un minimum et du coup c’est un peu démotivant pour toute l’équipe existante.

A quoi ressemblaient ce composteur et ce jardin potager au départ ? cela a évolué comment ?

Initialement, ce terrain était à l’abandon où il n’y avait de l’herbe haute. Aujourd’hui, c’est un jardin composé de 3 grands bacs et de 3 bacs à compost. C’est un coin agréable où l’on peut se regrouper entre voisins et partager des choses.  

Créer un jardin potager et un compost collectifs en ville, c'est possible.
Cette interview vous a plu, partagez-là!

Quelque chose à ajouter ?

Pour nous, ça a été super enrichissant de faire partie de cette association, cela permet d’être actif à une échelle très locale et de créer du lien dans le quartier tout en soutenant un projet bénéfique pour l’environnement.

On passe de “consommateur” à acteur d’un service dans un premier temps (le compost) ou d’un lieu ensuite (le jardin). 

Dans tous les cas c’est une très bonne expérience que je recommanderai à toute personne ayant envie de rencontrer ses voisins et de partager de supers moments avec eux.


C’est une expérience très riche humainement.

Un grand merci à Emilie pour ce partage d’expérience.

La morale de l’histoire c’est qu’ensemble on va plus loin. Donc n’hésitez pas à rencontrer vos voisins, d’autres associations et même vos élus locaux pour mettre en place des solutions de réduction des déchets, de circuit court et surtout de façons de recréer un lien humain qui se perd dans nos grandes villes.

Ou peut-être avez-vous déjà vos propres solutions? Partagez-les en laissant un commentaire!

Isabelle
 

Fondatrice et rédactrice du blog Un Pas Pour La Planète, le blog qui vous aide à réduire vos déchets et à contribuer à la protection de l'environnement. Concernée par la nature et la pollution depuis mon jeune âge, je souhaite vous aider à changer votre façon de vivre, améliorer votre quotidien tout en prenant soin de la planète que nous laisserons à nos enfants.

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